Pourquoi ? D'abord parce que cet homme est profondément liberticide, il se présente comme l'homme de la liberté, autant politique qu'économique (quel vide intellectuel que la liberté économique, concept vague et rassembleur grâce au mot "liberté"). Ensuite parce qu'il est dangereux pour l'avenir social de notre pays. Personnellement, je pense qu'il est possible que certain d'entre nous communistes puissent s'en sortir (après voyons à quel prix...) sous son régime économique, mais au-delà de ça je pense à tous ces gens (dont certains font certainement partie des 25% des 44,4 millions d'électeurs (en rapportant son pourcentage de voix au nombre d'électeurs potentiels) a avoir voté pour lui) qui souffriront, à qui nous promettons un chômage de 5% mais dans quelles conditions de travail aussi ? Est-ce pour voir un retraité dépassant la soixantaine distribuer le journal le matin comme on peut le voir dans les rues de Londres, ou encore cumuler trois, voire quatre travails comme aux Etats-Unis ? Je ne ferai pas une énumération des défauts qu'a Von Salkafard parce que ce n'est pas intéressant de ne faire que casser du sucre sur les autres et ce n'est pas le but de mon intervention.

Après je peux entendre que la faiblesse du programme de Ségolène Royal puisse nous amener à être réticents mais le but n'est pas à mon avis, et celui de plusieurs jeunes communistes de l'Ain, de faire campagne pour Ségolène, mais bien contre Von Salkafard.

Von Salkafard

Il nous faudra faire et même nous ferons pression sur le PS afin qu'une vraie politique de gauche puisse être menée dans ce pays, bien qu'il faille se rendre à l'évidence, d'abord la droite dispose de grande chance d'être élue et ensuite nous ne disposons plus du poids électoral pour que le PS accepte certaines mesures et cela ne pourrait se faire que dans une union de la gauche hors PS... (et quand on voit ce que ça a donné...)

En outre, il convient de s'interroger sur les raisons qui ont poussé les gens à n'accorder que 2% des suffrages à Marie-Georges Buffet qui quoi qu'elle ait dit durant la campagne apparaissait bien comme la candidate du Parti Communiste. Au-delà d'un vote utile et d'une peur du 21 avril, le PCF a perdu entre 1981 et 2007, 13% de ses suffrages, et en 81, il rassemblait 4,5 millions de Français, quand aujourd'hui il peine à obtenir les voix de 700 000 Français... La question que l'on doit désormais se poser est : où nous sommes-nous donc trompé ? Car comme Ernesto Guevara le disait, un gouvernement ne peut jamais remettre en question le message que lui fait passer le peuple, non car il est évident que le peuple a toujours raison et que dans ce cas-là le gouvernement doit admettre qu'il a tort et fait des erreurs. N'entendons pas par "toujours raison", comme le fait que si un électeur vote FN c'est qu'il a raison, mais bien au contraire que le message qu'il fait passer montre que nous nous sommes trompés. Là est la question : dans les collectifs antilibéraux malgré toute l'intégrité et la générosité (et c'est peu dire...) avec laquelle nous y avons participé ? Au niveau du programme ? Non je ne crois pas, il était réellement porteur d'espoir et pas si utopique que ça pour une première étape. Au niveau du militantisme ? De la même façon j'ai vu plus d'affiches pour Marie-georges que pour Von Salkafard... Alors qu'est-ce que ça peut être ?

La désunion des forces à gauche du PS ? Entre l'écolo-altero-gaucho Bové, ou les candidats de la rupture (humour quand tu nous tiens !) à gauche que sont Besancenot et Laguiller ? Sûrement... Au total cela correspond à environ 10% des voix (même pas plus que les bourrins du FN...), et si l'on compte le nombre de personnes ayant voté Royal parce qu'ils ne voyaient pas ce que pouvait faire cette gauche "radicale", on atteindrait certainement les 15%... Maintenant se pose réellement la question suivante et le PCF ne doit pas être le seul à se remettre en question, déjà qu'il le fait énormément : doit-on survivre et au final dépérir en restant chacun dans son coin ? Et qu'on ne vienne pas me dire que Besancenot peut s'enorgueillir d'avoir recueilli 4,6% des voix et qu'il est désormais le chef de file de la gauche "radicale" (je préfère ce terme celui de gauche à le gauche du PS qui résonne un peu creux), car la LCR n'a jamais montré la moindre volonté d'être un parti de gouvernement, ni de sortir de son attitude inconciliante... Exemple : le FAR (noyauté par la LCR) à Bourg-en-bresse qui campait devant la préfecture pour obtenir de nouveau des subventions de la préfecture pour s'occuper des sans-abris, précaires, bref des pauvres ; a refusé toutes les propositions du Préfet alors que certaines permettait de relancer la machine, qu'elles n'étaient certes pas suffisantes mais les pauvres se moquent bien de l'idéologie si elle n'est mise en action de ne leur améliore pas leurs conditions de vie... Alors les beaux discours, on s'en passe s'ils ne servent à rien : théoricien et révolutionnaire un point c'est tout, ou plutôt aujourd'hui : théorie et mise en pratique. De même que le facteur prolo on ne me la fait pas, jouer là-dessus pour sa campagne est hyprocrite quand on sait que sa femme est éditrice et gagne près de 4000 euros par mois (peut-être plus mais bon on va éviter d'être trop mauvais langue) ... Effectivement c'est dur de gagner 1400 euros comme tous les français...

D'autre part la LCR ne fait pas de score aux élections locales, ou régionales, et elle voudrait diriger la gauche "radicale" et finir première des présidentielles pour, je cite, "écraser" le PCF... L'ennemi c'est le capitalisme ou alors l'électorat bobo et PS de la LCR n'aime pas les communistes du PCF ?

Passons cette diatribe acide sur la LCR dont l'attitude n'est pas dénuée de dangers pour la gauche "radicale", et attachons-nous à voir que devons-nous faire pour qu'une vraie politique de gauche soit menée en France, que la gauche redevienne l'espoir porteur qu'elle était et qu'enfin elle assume ses idées une fois au gouvernement. Il nous faut être unis et laisser les querelles d'ego de côté (dont celle que je viens d'évoquer par exemple mais qui étaient nécessaire pour que nous sachions que nous avoncerons en terrain miné) car les intérêts du peuple précèdent de loin ceux des appareils ou des intérêts personnels. Il faut que nous acceptions de ne pas forcément présenter de candidats mais que ça ne se fasse pas au détriment de l'importance que nous avons dans ce mouvement, il faut que la LCR accepte qu'elle n'a pas de crédibilité en dehors de Besancenot et qu'elle accepte que nous pouvons nous mettre d'accord et arrêter ses pseudo-arguments pour ne pas s'unir. Il faut que les antilibéraux mettent de côté leur anti-communisme primaire et arrêtent de nous dire "ok pour votre chequier, votre logistique, et l'activisme de vos militants mais pas pour vos idées". Il faut que LO cesse son sectarisme et décide enfin, s'ils sont réellement du côté du peuple, ou alors s'ils veulent jouer les révolutionnaires romantiques inutiles et participant à la fin d'une gauche d'espoir à côté du PS. Ou alors on fait un grand procès, mais ce sont des méthodes dépassées désormais, quoique fort efficaces pour unir les forces politiques (c'est évidemment de l'humour : ) mais bon je tente de vous faire sourire après le score d'hier).

La seule option pour la gauche "radicale" si elle veut continuer à exister, c'est de s'unir et ne pas retomber dans les querelles passées. L'avenir solidaire, égalitaire, libertaire, bref celui que nous pensons être le meilleur ne peut que passer par cela. Nous n'avons pas le choix, c'est mon opinion. Vous pouvez en avoir une autre et je l'accepterai volontiers si vous vous laissez un commentaire.

Hennebert Fabien, trésorier de l'Ain.

  • Oups, erreur d'expression et oubli de mots il fallait comprendre : "désolé mais bon déclarer implicitement non pas de voter pour Royal mais de faire un référendum anti-Sarkozy, est vraiment hypocrite et sectaire".